Quand le système politique iranien inspire la chronique politique kinoise

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Accueilli triomphalement à Téhéran, de son retour d’exile parisien de 15 ans, l’ayatollah Khomeyni instaure une République islamique nationaliste, anticapitaliste, antisioniste et anti-impérialiste, dont la législation s’inspire de la charia. Pour associer l’opposition interne, un système politique, l’unique au monde jusque là, va être instaurée.

Ainsi, le 1e avril 1979, la république islamique d’Iran est proclamée. Elle a à sa tête l’ayatollah Khomeyni, avec comme titre officiel Guide suprême de la révolution. Il est la clé de voûte du régime, concentre des larges prérogatives. Plus haut responsable du pays, il réunit les pouvoirs politiques et religieux entre ses mains. Bref, la constitution est sous sa tutelle. Ce poste est occupé par Ali Khamenei depuis 1989, après le décès de Rouhollah Khomeyni. Quant au président de la république, élu au suffrage universel direct, il joue en quelque sorte, le rôle de premier ministre. Il nomme les ministres et ambassadeurs, signe les traités internationaux et mène la politique économique.

Les conséquences des élections du 30 décembre sur la scène politique congolaise

Après un glissement de deux ans à la présidence de la république et de l’assemblée nationale, de sept ans dans les assemblées provinciales et du sénat, les trois scrutins seront finalement convoqués le 30 décembre 2019, sur pression de la communauté internationale et des manifestations de la population sous l’égide de l’église catholique.
Même si c’est un membre de l’opposition, Félix TSHISEKEDI, qui gagne officiellement la présidence avec 38,57%, quant aux législatives nationales, la victoire écrasante du front commun pour le Congo(FCC) est sans appel. Près de 350 députés nationaux sur le 500 que compte le parlement. Du côté des législatives provinciales, les sociétaires du FCC se taperont également la part du lion. Majorité qui permettra aux partenaires du « Raïs » de s’emparer de la tête des 23 assemblées provinciales sur les 26 que compte le pays. . Les gouvernorales et les sénatoriales, deux scrutins au second dégré, ne leur échapperont pas également. Elles seront caracolées, haut la main, par le FCC.

L’Ayatollah de Kingakati

Avoir sous sa bannière la primature, les bureaux de l’assemblée nationale et du sénat, les assemblées et exécutifs provinciaux, a rendu désormais Joseph Kabila incontournable. Devenant ainsi, un passage obligé pour le règlement de tout ce qui se rapporte aux affaires de l’État, pendant ce mandat de 5 ans de Félix Tshisekedi à la tête du pays. Ainsi, le Raïs peut se permettre de convoquer, où il veut et quand il veut, tous les sociétaires du front commun pour le Congo, surtout ceux ayant un mandat public et ceux qui aspirent d’en avoir, afin de leur donner des orientations claires à sa guise. Selon certaines personnes avec qui nous avons échangé et qui ont déjà assisté à des réunions organisées dans son ranch de Kingakati, le Raïs se donne rarement la peine, via son ancien directeur de cabinet et coordonnateur du FCC, Néhémie Mwilanya, de signifier l’objet de la réunion à ses convoqués. Téléphones interdits dans la salle de réunion où ils entrent en file indienne, c’est sur place que l’objet de la réunion leur est annoncé et très souvent sans possibilité de le modifier. Les décisions y découlant ont une incidence directe sur la marche du pays. Même les ordonnances signées par le président de la république peuvent connaître une souffrance si elles ne plaisent pas au Raïs. Les ordonnances du 03 juin du président Félix Tshisekedi, nommant les mandataires de la SNCC et de la Gécamines, en sont une illustration éloquente.
En effet, voyant toute cette influence de Joseph Kabila sur la vie politique du pays, lui qui n’est qu’un sénateur à vie, acquis constitutionnel accordé à tous les anciens présidents de la république (cfr art. 104 de la constitution ), sur la toile

le Raïs Joseph Kabila se targue désormais des nouvelles fonctions supraprésidentielles. Le désormais Ayatollah de Kingakati, référence faite au Guide suprême iranien, selon les commentateurs et journalistes kinois, a le pouvoir de déchoir qui il veut et faire nommer la personne qui lui plaît à partir de sa ferme de Kingakati. Raison qui explique l’allégeance lui faite même par des personnes qui le qualifiaient hier de tous les noms d’oiseaux. Les quelques rencontres ultramédiatisées avec Fatshi ont renforcé la conviction des détracteurs de Joseph Kabila.

Avec la sortie prochaine du gouvernement et les nominations dans plusieurs autres institutions publiques, certainement la presse et la toile kinoise seront davantage inspirées. Les amoureux des débats politiques se régaleront encore.


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