Plan national du numérique: pourquoi la DGDA veut tuer Internet en RDC?

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À l’heure où le numérique devient un instrument indispensable pour le développement, sous d’autres cieux les Etats investissent des moyens colossaux dans les infrastructures de transport des données numériques, réduisent les contraintes afin de permettre à tous un accès libre et à coût réduit. En république démocratique du Congo par contre, le décor s’est planté depuis mars 2018 afin de tirer la situation en decrescendo. Internet qui n’était accessible que par 6% des congolais et essentiellement dans les grandes agglomérations, est en passe de devenir davantage plus luxueux pour une bonne partie de congolais suite à l’institution de la taxe d’accises de 10% sur les produits Internet à charge des consommateurs

 

La DGDA assène un coup fatal à la petite bourse

Après avoir fait des douanes rd-congolaises les plus chères de la planète, rendant par conséquent l’économie moins compétitive et moins attractive par rapport aux autres pays de la sous-région de l’Afrique centrale, la direction générale des douanes et accises(DGDA) a encore rééditer son exploit, cette fois-ci dans le domaine du numérique. Les sociétés qui évoluent dans le secteur de la connexion pour l’accès à l’internet sont déjà soumises à une ribambelle de taxes, rendant ainsi ce service quasi inaccessible pour une frange de la population. Comme celà ne suffisait pas, le gouvernement Tshibala sur pression de la DGDA, qui tenait à n’importe quel prix à élargir son assiette fiscale, va passer à la vitesse supérieure au mois de mars de l’année passée. C’est dans ce contexte qu’une taxe va voir le jour dans le secteur du numérique, un domaine hautement stratégique en ce siècle dernier.

Personne n’ignore que plusieurs Etats tendent de plus en plus vers la démocratisation de l’internet le rendant ainsi accessible à tous à moindre coût. Des taxes et des impôts sont supprimés, des exonérations accordées aux entreprises évoluant dans ce secteur pour leur permettre d’investir massivement dans les infrastructures. Des incubateurs sont même créés afin de soutenir la création et l’innovation des start-ups. Au Rwanda par exemple où plus de 92% de la population a accès à la 4G, cette technologie a aidé à développer la télémédecine à destination des villages éloignés des centres de soins. En 2016, 8000 colis de sang pesant 1,8kg le colis y avaient été livrés par des drones. Technologie qui a permis de sauver des milliers de vies. Quant à la RDC, la situation de l’internet semble aller à contre-courant des autres nations qui ont l’ambition de hisser leurs économies plus haut. C’est exactement l’objectif dissimulé de cette taxe. Avec un pouvoir d’achat parmi les plus faibles de continent, il est difficile voire même impossible de voir des jeunes consacrer une part de leur revenu à la recherche et l’innovation technologique. À moins que le pouvoir politique actuel repense les perspectives technologiques du pays, en rendant à court terme internet accessible à tous et à long terme des investissements publics -privés conséquents dans ce secteur.

 

La taxe des accises sur Internet est un raccordement frauduleux

 

Le droit des accises est une taxe qui s’applique sur les produits ayant une externalité négative sur l’environnement ou directement sur l’homme tels que le tabac, les produits alcoolisés, les véhicules de tourisme, les produits de surface et bien d’autres. Sachant que l’Internet ne figure pas parmi les produits considérés comme « nocifs », l’on se demande pourquoi la DGDA avait, grâce à ses lobbys dans le gouvernement du Premier Ministre Tshibala, avait réussi à imposer une telle taxe à la population. Seules la boulimie et la gourmandise peuvent expliquer les raisons qui ont poussée cette régie à mettre ce fardeau de plus à la tête de la population. L’on se souviendra de la lettre du directeur de cabinet du Chef de l’Etat du 11 mars demandant au ministre des finances et au directeur général de la DGDA de surseoir à l’application de cette loi à problème. La taxe d’accises sur Internet aurait été l’une des raisons de cette demande.

Pour être en parfait accord avec sa vision exprimée dans le plan national du numérique , qui est celle de « faire du numérique congolais un levier d’intégration, de bonne gouvernance, de croissance économique et de progrès social » le Chef de l’Etat devrait s’impliquer personnellement afin que cette taxe de trop sur le numérique soit retirée. Le contraire ne sera que du bluff.

 

La rédaction


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